Ce blog est inspiré, psychographiquement notamment, par l'esprit d'Ihsane, qui n'est nullement réduit à sa dernière incarnation en tant qu'Ihsane Jarfi, mais dans sa complétude d'esprit parfait.
C'est ainsi qu'il s'est présenté et se présente à moi qui ne suis que son intermédiaire avec les incarnés, son médium.


Quand on n'a que l'amour...


Bienvenue ! مرحبا

Pour comprendre le monde des esprits où je me trouve, merci de lire Allan Kardec : Le Livre des Esprits et Le Livre des Médiums.

L'étincelle de génie est en soi; faut-il la capter, en faire flamme éblouissante !


Qui est Ihsane ?

Extraits du livre d'Ihsane 
où 
il se présente lui-même


Chapitre 1
Moi, Ihsane, Marocain de Belgique


...
D'origine marocaine, je dis volontiers que je suis Marocain de Belgique et non, comme nombre de mes compatriotes binationaux, Belge d'origine marocaine. C'est pourtant la Belgique, partie de ma chère maman, qui a fait de moi ce que j'étais et ce que je suis puisque je suis toujours vivant, pas détaché encore de la terre par la matérialité que j'ai évoquée. Je suis vivant non seulement de par la vie de l'esprit qui ne meurt jamais sur le plan spirituel, mais aussi de par ma part matérielle toujours attachée à moi. C'est elle qui me fait souffrir.
Cette part est celle du Maroc en moi ; il n'a rien apporté durant mon existence terrestre pour m'aider à me faire ou être ce que je fus ; c'est ce qui me défait aujourd'hui, contrecarrant mon assomption spirituelle, contrariant le cours de la destinée. C'est ce qui est grave, me disent les esprits bienveillants m'entourant, dont nombre de saints soufis dont les restes humains enrichissent notre terre, y préservant une spiritualité ardente. 
...
Assurément, si je suis Marocain d'origine, je ne suis pas moins Belge, de Belgique, pays de ma mère, patrie de mes plus intimes sentiments. Je suis fier d'être Marocain, mais je le suis encore plus d'être le Marocain de cette Belgique-là, patrie de l'amour, ma mère faite amour. Et il me fallait le dire au Maroc, lui renvoyer son injustice au moment même où la Belgique me rendait justice. 
Mon identité est double, une harmonie plurielle ; je l'ai vécue en toute sérénité, bien que cela ne fût ni facile au départ ni jamais évident aux yeux de qui ne sait aimer ; car il n'est aucune culture qui soit sans souillure. Aux humains de se purifier en s'ouvrant à l'altérité. 
Mon père a su le tenter, venant en Belgique, y retrouvant célébrées nos valeurs mêmes de tolérance et d'humanité par une autre culture, d'autres traditions aussi respectables, aussi sinon plus humaines, car toujours vivaces. Il eut le mérite, auprès de ma mère, d'en réussir une symbiose réussie, sa culture soufie l'y aidant grandement, même s'il n'a jamais su se départir de ce qui m'a toujours chagriné : cette tendance à accepter l'hypocrisie sociale généralisée. Aussi, est-ce à nous, ses enfants, d'accomplir ce qu'il n'a pas pu ni su faire.


Chapitre 2

Je suis musulman aussi

Malgré les regards autour de moi, dont j'étais blessé au plus profond de ma personne qu'on savait si sensible, me jugeant sur ma féminité apparente et assumée non sans mal, personne ne pouvait douter de ma parfaite respectabilité, ma totale déférence aux traditions. 
Parfait croyant j'étais, et cela rassurait mon papa ; au moins, je n'étais pas mauvais musulman, devait-il se dire ! Toutefois, il ne me défendait pas assez, préférant se détourner des questions que certains indélicats lui posaient, surtout quand elles se faisaient pressantes, versant dans le quasi-terrorisme mental du dogmatisme et du conformisme. On fait alors comme si de rien n'était, affectant n'avoir pas entendu ou bottant en touche, semblant s’en désintéresser, malgré la quasi-certitude que le trait venimeux a atteint son but, touchant en moi une fierté encore friable. 
J'honorais avec cela les traditions de mon pays d'origine, y compris religieuses, et cela non seulement dans les aspects culturels, mais aussi cultuels. Je n'ai jamais manifesté de difficultés pour fréquenter la mosquée ou m'acquitter des cinq prières en leur heure, quitte à arrêter une partie de plaisir, de celles tellement naturelles à l'âge de l'insouciance.
Mon père dit volontiers de moi que j'étais un enfant ismaélien, entendant par là que j'étais incapable de dire non. Je sais qu'il appréciait en moi une générosité et un altruisme innés, que je tenais un peu de lui et des traditions soufies marocaines ; mais elles venaient aussi et surtout de ma maman, de sa philosophie et son éthique mariales. 
Parfait soufi, je n'incarnais que moins suprêmement les convictions religieuses de ma mère au point qu'enfant, je dormais les bras en croix. Cela gênait mon père, mais ma mère défendait ma liberté d'être comme j'étais, puisque je ne le faisais pas exprès. C'était la nature en moi qui agissait et je me conformais à elle. Maman le comprenait et me comprenait.
Dieu sait pourtant ce que j'ai essayé pour rejeter cette nature féminine en moi qui commençait à devenir envahissante au fur et à mesure que je prenais de l'âge. Je me suis fait violence, rejetant une part de moi-même si intime ; j'ai bien essayé de jouer au dur, à paraître viril ; ce fut bien en vain. C'est que j'avais surtout horreur du moindre simulacre.
Le jour où j'ai jugé ne pouvoir plus résister, qu'il était fatal de succomber à la nature voulue en moi par Dieu, j'ai quitté le foyer familial. Ce fut dur, tragique même ; mais cela m'évitait de devoir dire non à mon père — ce que je ne lui avais jamais dit—, car je ne pouvais plus lui dire oui, comme c'était bien mon habitude. 
...
J'étais de taille moyenne, sinon petite, mince, mais assez musclé sans être robuste.   Malgré une féminité dans les gestes, une gracilité qui ne déplaisait ni aux filles ni aux garçons parmi les nombreux amis qui m'entouraient, j'étais bosseur, la fatigue n'ayant pas prise sur moi. J'adorais jardiner, aimant être en contact avec la nature, fusionner avec elle. Et je fusionnais tout autant et encore plus avec les humains, car ma religion me portait à aimer mon prochain comme moi-même. C'est ainsi que j'honorais mon islam, une spiritualité de grand format. 
Or, les musulmans n'étaient pas tous bons et les bons n'étaient pas le plus souvent musulmans ! Mon père nous l'a raconté d'ailleurs ; il a bien vérifié lui-même que la supposée hospitalité marocaine n'était pas sans limites quand il a risqué d'être dans la rue aux premiers jours de son arrivée en Belgique. Dans la mémoire de ses jours de galère, il a gardé l’image de cette Hollandaise venue à son secours en l'absence de celui de ses compatriotes. Bien qu'il fréquentait la mosquée de la ville, y passant tout l'après-midi en méditation ou en prières, personne ne l'invitait à boire ne serait-ce qu'un verre d'eau dans la cuisine de la mosquée où des fidèles allaient manger et boire à l'abri des regards. Dieu ne les voyaient-ils pas, insensibles au malheur du jeune affamé qu'il était, un frère à eux dans le besoin ?   
...
Dans ma vie, si courte et pourtant bien riche en humanité, j'ai toujours veillé, avec mes amis et connaissances, à être comme je me tenais devant Dieu lors de mes prières. C'est un principe soufi cardinal exhortant de se comporter en tout temps comme si l'on était en la présence divine, car si l'on ne voit pas Dieu, lui nous voit bien. 
Je n'ai jamais oublié ce que m'a appris mon père. Et je peux l'assurer — et il le sait pertinemment — que je me suis même comporté ainsi avec mes agresseurs, attisant leur haine pour un musulman se souciant moins de leurs coups que de la miséricorde de son Dieu dans l'épreuve qu'ils lui faisaient subir. Maman ne m'a-t-elle pas assez parlé de la passion du Christ ? Pouvais-je être meilleur que le noble prophète s'offrant au rachat des turpitudes humaines ? Pouvais-je refuser de subir et d'endurer ce que la Providence avait prévu pour moi en m'honorant d'être à l'exemple de Jésus, symboliser l'humanité à son degré divin ? 
...
Malgré ma piété, certaine, mais sans ostentation, il était évident que je n'étais pas moins homo comme ils disent. En fait, comme dit le cher humain recueillant mon message, et je le redis bien volontiers, j'étais bien moins sexuel que sensuel ; j'étais homosensuel et érosensuel. Je le dis avec d'autant plus de force que ma rencontre avec lui m'a appris aussi que le terme homosexualité est inapproprié pour désigner une réalité qui lui est antérieure, universelle qui plus est, ce terme étant une construction occidentale du 17e siècle tandis que l'érosensualité et l'homoérotisme étaient déjà connus comme étant l'amour grec.
Je savais bien qu'en osant être moi-même, assumant l'identité voulue en moi par Dieu, je ne faisais que me conformer à ses desseins, aux visées de la Providence. Aussi, intacte restait ma piété et total mon attachement à la religion de mes parents. Je savais d'instinct que l'islam n'interdisait nullement ce que j'avais de spécial qui n'était point du sexe exclusivement, mais bien plus : une sensualité et encore mieux une sentimentalité. 


Chapitre 3
Je suis surtout homosexuel

On me trouvait romantique, artiste un peu, poète et rêveur ; idéaliste surtout. J'étais tout cela à la fois sous une apparence de fragilité qui n'était pas en moi, me venant du regard qu'on posait sur moi. C'est qu'on n'est rien sans le regard d'autrui ; le poète Rimbaud disait bien : Je est un autre. Cette évidence, une si banale sagesse, n'est pourtant pas à la portée de tout le monde ; elle est comme l'air qui nous environne et dont on ne se rend pas compte. 
Ma fragilité était comme une fragrance, elle n'avait pas à expliquer sa cause ou ses effets, la rose n'ayant ni pourquoi ni comment. Elle était en moi bien plus que je n'étais en elle, étant en quelque sorte cette eau dont était composé mon corps, l'eau de parfum de mon être. Ainsi, cet être était bien mieux au parfum de la nature humaine, ses ressorts spirituels et ses racines, cet humus sans lequel il n'est nul humain. Ce qui est le plus précieux n'est-il pas ce qu'il y a de pus fragile ?     
Aussi avais-je une tendance spontanée à me fondre dans l'autre, fusionner avec lui s'il est amène, ne pas le froisser s'il est revêche, sans chercher pour autant à me couper de lui, me gardant de lui renvoyer sa propre image antipathique, demeurant disponible. Mon coeur n'avait pas de porte ; il était cette place publique largement ouverte aux quatre vents, au souffle des sentiments, les plus nobles comme les moins dignes ; le diable ne fut-il pas archange ? Respectais-je trop autrui ainsi, quitte à me faire tout petit, quitte à fondre devant lui ? C'est de la sorte qu'on me jugeait, confirmant ce que je ne savais faire, à savoir vivre sans mon prochain, sans aimer, sans être aimé.
J'avais de l'amour non pas à en revendre, non point à l'excès, mais jamais assez, car seul l'amour est capable de contrer la haine ; seul l'amour appelle l'amour. C'est en semant la graine de l'amour, même dans un terrain non arable que l'on finit un jour de voir pousser la plante qui sauvera l'humanité. Or, mon terrain était bel et bien arabe-le. Est-ce que cela vient de cette nature particulière placée en moi par Dieu, cette part féminine très développée dans ma personne restée attachée par nombre de traits à mon enfance ? 

Sensuel j'étais et je ne pouvais pas ne pas assumer mon être après avoir vainement tenté de ne plus l'être sous le feu du regard se posant sur moi. Ce n'est donc pas faute d'avoir essayé, au moins de ne plus paraître ce que j'étais, que je le suis devenu ; ne dit-on pas que l'on s'attache plus à ce que l'on s'interdit, ce qu'on nous interdit? 

Toutefois, c'était cet interdit que s'attachait à moi ; c'est certainement le vrai sens de cette sagesse populaire voulant dire que l'on s'attache non pas à ce qu'on interdit, mais à ce qu'on ne peut interdire étant en nous, une nature, et pour le moins une seconde nature. On est bien mieux ce qu'on se refuse d'être, surtout si l'on s'est refusé de l'être au moment de l'éveil à soi.